Compagnie du poulpe

NOTE D’INTENTION

DE LA COMPAGNIE DU POULPE

Sortant du CRR d’Angers en classe d’art dramatique, la comédienne Anne-Claire Joubard fonde en janvier 2019 La Compagnie du Poulpe. Basée en zone rurale ( Blaison Saint-Sulpice ), cette compagnie émergente est à la croisée des arts et travaille collégialement avec des artistes réguliers ( illustratrice, chanteurs/musiciens et comédien.nes / metteure en scène ). La volonté de la compagnie est de s’implanter localement sur un territoire et de réfléchir à la place de l’artiste dans notre système ( politique, social, sociétal, économique, médical et artistique ) en questionnant les rapports humains au sein de celui-ci.

Ne travaillant pas en vase clos, le Poulpe est curieux de chaque interaction humaine et s’influence des découvertes artistiques, politiques, environnementales et gustatives qu’il peut faire.

Il nous est apparu que l’artiste pouvait avoir un rôle social : celui d’observer puis de prendre du recul sur l’économie ( entendre, selon Alain Deneault, toute organisation des éléments naturels et de leurs rapports interdépendants ).

Désireux de privilégier une économie courte et alternative, les Poulpes tentent d’impacter leur création de spectacles vivants, actions culturelles et création de festival itinérant de leurs idées politiques, citoyennes et artistiques.

C’est nourri et animé de ces curiosités que le Poulpe a pu tracer sa ligne artistique : le questionnement métaphysique sur l’idée de fragmentation et d’unification. Deux principes qui traversent l’humanité et qui influencent l’entier fonctionnement des rapports humains. Nous nous questionnons sur qu’est-ce qui divise l’Homme dans ses relations avec l’altérité, qu’est-ce qui fragmente notre monde en analysant ses processus historiques et systémiques. Plus largement, nous explorons la notion de Chaos.

Mais le plus important pour nous, est de trouver la réponse à ce Chaos : nous recherchons comment aller vers l’unité, le symbole, le 1, l’Amour.

Les spectacles que nous développons viennent condenser ces questionnements. Dans un souci artistique, nous abordons nos découvertes par le récit : dans une approche poétique, spirituelle et théâtrale.

Un cri, deux âmes [ création 2018 – poème musico-graphique] ; écriture personnelle Anne-Claire Joubard : puzzle émotionnel d’une femme questionnant son rapport fragmenté au Masculin. La réunification des pièces amène au questionnement de l’amour universel.

De Feu et Lumière – Le Premier à Parler : écriture personnelle Quentin Mousserion [ création 2019 – concert onirique ] : récit d’un amour terrestre pour rendre compte de la divinité du sentiment amoureux.

La MétaMorphose [ création 2019 – concert lecture ] ; d’après l’œuvre de F. Kafka : un récit à la scénographie intimiste questionnant la place du monstre et de l’homme et le jugement en société.

Les Chaises [ création 2021 – théâtre ] ; Eugène Ionesco

Mise en scène Orianne Moretti :

« Ils sont seuls, ou presque, sur leur île déserte. Adam et Eve d’une ère effondrée, ils jouent. Ça sent les poissons morts d’une eau irradiée, les restes d’une civilisation au progrès supplanté et pourtant, pourtant ils rient. Nous partageons leurs folies mais surtout, ils savent à qui confier le plus grand des messages qui sauvera l’humanité. »

Avec ce spectacle, nous voulons entrer au cœur du rapport à l’autorité et de la confiance bien souvent illusoire que nous plaçons en elle. Nous voulons parler des déceptions – voir des trahisons – que l’on peut subir en se déchargeant de nos responsabilités dans des mains aux intentions inconnues.

En observant l’apparente folie d’un couple d’amoureux – dont la routine semble être l’attente d’un événement salvateur – nous pouvons voir l’agitation constante de l’humanité et dans un même son incroyable passivité. La tendance de l’individu à juger que l’autre -considéré supérieur – doit et va mieux agir que lui-même pour son propre bien.

La volonté de La Compagnie du Poulpe ne se limite pas à la création de spectacles vivants ni à la dispense d’actions culturelles. Après avoir condensé l’universel en l’intime par le récit, nous voulons faire le chemin inverse, c’est à dire trouver la voie qui mènera l’individu au collectif.

De là, nous avons réfléchi à la place de la Compagnie d’un point de vue politique, économique et social, en gardant notre cohérence et nos recherches artistiques.

Nous voulons agir à un niveau local, aux circuits courts, au développement d’une économie sociale et solidaire, en valorisant des patrimoines immatériels et matériels, en mettant en action les artisans, les artistes et les habitants. Les spectateurs et les habitants fédérés deviennent acteurs des événements que nous proposons.

Tous nos échanges nous ont amené à créer un festival itinérant, local, gustatif, patrimonial, artistique, populaire, à l’économie sociale et solidaire nommé Le Sous-Marin.

Pour conclure, la tentative de La Compagnie du Poulpe est de s’inscrire dans un questionnement intemporel et de s’éloigner des notions de scandales et de réactions qui, selon nous, alimentent trop l’art, les médias et la politique d’aujourd’hui. Les Poulpes, individuellement comme collectivement, tendent du mieux qu’ils peuvent à la cohérence et l’harmonie.

Anne-Claire Joubard & Quentin Mousserion